Leçon 23 – Les Commandements de l’Église

Dieu est pour nous un Père plein de bonté.  Pour nous aider à comprendre Ses Commandements et à avancer sûrement vers la patrie du Ciel, il nous donne l’Église, c’est-à-dire le Pape et les évêques, avec les prêtres qui partagent leur mission.  Nous devons écouter l’Église et lui obéir comme nous écouterions Dieu Lui-même, car le Christ a dit à Ses Apôtres et, à travers eux, à tous leurs successeurs: «Qui vous écoute, M’écoute; qui vous méprise, Me méprise.»

L’Église propose à ses enfants quelques préceptes principaux, qui sont comme le minimum indispensable de la vie chrétienne.  On les appelle les commandements de l’Église, et on les énumère ainsi:

1º Assister à la sainte Messe le dimanche et les jours de fête d’obligation.

2º Confesser tous ses péchés au moins une fois l’an.

3º Communier au moins une fois l’an, durant le temps pascal.

4º Observer le Carême, les Quatre-Temps et les autres temps de pénitence.

5º Aider l’Église dans ses besoins.

En plus d’ordonner d’assister à la Messe le dimanche, l’Église ajoute une défense: celle de se livrer ce jour-là à des travaux corporels pénibles, ou de trop longue envergure.  Le jour du Seigneur doit être, autant que possible, un temps de repos pour le corps après les fatigues de la semaine.

Mais ce repos n’a rien d’oisif: il vise à laisser toute sa place à l’âme, afin qu’elle puisse recevoir plus largement les grâces de Dieu par la prière, la Messe, les sacrements et de bonnes œuvres, et ainsi faire provision de forces spirituelles pour la semaine qui s’ouvre.

1. – Assister à la sainte Messe le dimanche et les jours de fête d’obligation.

Voici quelques façons concrètes de sanctifier le dimanche en famille, dans l’esprit de l’Église.

1º Participer à la Messe avec attention, en arrivant à l’heure, en priant avant et en restant quelques instants en action de grâce après.

2º Consacrer davantage de temps à la prière: lecture de l’Évangile ou de la vie des Saints, chapelet, visite au Saint-Sacrement.

3º Vivre des moments paisibles et fraternels: repas de famille pris sans hâte, promenade, échanges simples qui fortifient l’amitié et l’unité.

4º Pratiquer la charité: visite à une personne isolée ou malade, service rendu à quelqu’un qui a besoin d’aide, attention particulière aux plus pauvres.

5º Donner à l’âme ce que la semaine lui refuse souvent: silence, bonne lecture chrétienne, réflexion sur sa vie à la lumière de Dieu.

Le lieu saint

Un jour, à l’occasion de la fête de la Pâque, Jésus monte au Temple de Jérusalem.  Mais, à peine franchi le parvis, Il découvre le lieu saint transformé en marché: des rangées de tables, le tumulte des transactions, le cri des vendeurs de bœufs, de brebis et de colombes, le tintement des pièces que font sonner les changeurs.

Alors une sainte colère L’envahit.  Il tresse avec des cordes comme un fouet, renverse les tables, disperse l’argent, chasse les marchands et les troupeaux, et ne laisse plus personne traverser le Temple avec des marchandises.  En même temps, Il élève la voix:  «Ma Maison sera appelée une maison de prière, et vous, vous en avez fait une caverne de voleurs.»

Le zèle pour tout ce qui touche au culte de Dieu embrase sans cesse le Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ.  Avant toute chose, Il veut que le nom de Son Père soit glorifié et que Sa Maison reste un lieu de silence, de prière et de rencontre avec Dieu.

Mauvais serviteurs de Dieu = mauvais citoyens

Philippe II, roi d’Espagne, entendait un dimanche la Messe dans la chapelle royale.  Au milieu du recueillement, il aperçoit deux courtisans qui bavardent et rient entre eux, comme s’ils assistaient à un simple divertissement.

Lorsque l’office est terminé, le roi les fait aussitôt appeler.  Le visage courroucé, il leur dit avec sévérité:  «Est-ce ainsi, Messieurs, que vous entendez la Messe?  De si mauvais chrétiens ne peuvent être que de bien mauvais serviteurs.  Sortez d’ici: je vous chasse, et que jamais plus je ne vous revoie dans mon palais.»

2. – Confesser tous ses péchés au moins une fois l’an.

L’Église demande à chaque chrétien de se confesser au moins une fois par an.  Ce précepte fixe une limite minimale, non un idéal de vie.  Il faut donc regarder la confession annuelle comme une borne extrême que l’on ne devrait jamais dépasser sans s’exposer gravement au danger de perdre son âme.  Vous ne songeriez pas à rester un mois entier sans vous laver.  Est-il digne, alors, de laisser toute une année s’écouler sans «toilette» de l’âme, surtout quand cette âme peut, d’un moment à l’autre, être appelée à paraître devant Dieu?

Pour garder une âme vivante et fidèle, il est sage de ne pas se contenter de la confession annuelle.  Une confession régulière, par exemple une fois par mois, aide à veiller sur soi, à lutter plus efficacement contre ses défauts et à laisser la grâce de Dieu travailler en profondeur.  La confession fréquente est assurément l’un des grands moyens de vivre saintement, de corriger ses défauts et de progresser dans l’amour de Dieu.  C’est le moment de raviver une résolution concrète, de choisir un point précis à corriger, de renouveler ses efforts pour mieux prier, pour pratiquer la patience, la charité, la pénitence, etc...

3. – Communier au moins une fois l’an, durant le temps pascal.

La communion pascale est un précepte par lequel l’Église demande à chaque fidèle de recevoir la sainte Communion au moins une fois par an, pendant le temps de Pâques, généralement dans sa propre paroisse.  Elle veut ainsi rappeler que l’Eucharistie n’est pas un ornement facultatif de la vie chrétienne, mais une nourriture spirituelle indispensable, liée au mystère de la mort et de la résurrection du Christ que l’on célèbre à Pâques.

Ce précepte marque, là encore, un minimum: il fixe la «dernière limite» pour ne pas se couper de la source de la grâce, mais il n’empêche pas, bien au contraire, la communion fréquente, encouragée par l’Église pour tous ceux qui sont en état de grâce et s’y préparent avec respect.

Si l’Église nous demande de communier au moins une fois l’an, elle nous exhorte en réalité à nous approcher beaucoup plus souvent de la sainte Table.  La communion fréquente nourrit en nous la vie de la grâce, affermit notre foi, nous rend plus forts contre la tentation et plus fidèles dans le devoir quotidien.

Chaque fois que nous recevons Jésus avec un cœur pur et recueilli, Il nous façonne intérieurement, peu à peu, à Son image.  Ainsi, au lieu de n’aller à Lui qu’au temps pascal par simple obligation, nous faisons de la communion régulière – au moins chaque dimanche, et plus souvent si possible – un élan d’amour et un rendez-vous vivant avec Celui qui est «le Pain de vie».

L’enfant apôtre

Jacques a six ans.  Ses boucles blondes encadrent un visage sérieux et doux.  Il fréquente l’école maternelle d’une petite ville posée au bord de la Marne, où les péniches glissent lentement et où l’on entend, chaque dimanche, la cloche de l’église sonner pour inviter à la Messe.

Un samedi soir, après le dîner, le petit Jacques grimpe sur les genoux de son père.  Il se blottit contre lui, se fait plus tendre que d’ordinaire, passe ses petits bras autour de son cou, puis, après un silence, se lance:

«Papa, je voudrais te demander quelque chose.  Tu me l’accorderas, dis?»

Le père sourit, un peu méfiant:

«Ça dépend, Jacquot, de ce que tu me demanderas.»

L’enfant continue avec une assurance candide:

«Eh bien… Jacquot voudrait que son papa sorte demain dimanche avec lui.»

Le père, croyant à quelque promenade, répond sans trop réfléchir:

«C’est accordé, chéri.  Mais où veux-tu que nous allions?»

Alors Jacques, avec un sérieux tout neuf:

«À l’église, papa.»

Le père sursaute:

«Comment? à l’église?»

«Mais oui, papa.  La demoiselle qui nous fait le catéchisme a dit que ceux qui ne vont jamais à la Messe le dimanche seront punis par le bon Dieu et qu’ils iront en enfer.  Je ne veux pas que tu ailles en enfer, papa.  Je ne veux jamais me séparer de toi, parce que je t’aime trop.  Alors il faut, tu vois, que tu viennes à l’église avec moi, pour aller au Ciel avec moi.»

Les mots tombent simplement, sans emphase, mais ils traversent le cœur du père comme une flèche.  Il a promis; il ne décevra pas son cher petit.  Le lendemain, un peu de mauvaise humeur et un peu gêné, il accompagne Jacques à l’église.  Il reste d’abord debout au fond, les bras croisés, puis, peu à peu, les paroles de la Messe l’atteignent, amollissent son cœur.  Il réfléchit, il s’agenouille, il prie.

Depuis ce jour-là, au grand bonheur de Jacques, il n’a plus laissé passer un seul dimanche sans aller à la Messe.

 

4. – Observer le Carême, les Quatre-Temps et les autres temps de pénitence.

Le cinquième commandement de l’Église nous rappelle que la vie chrétienne n’est pas faite de facilités et de jouissances.  Par le Carême, les jours de jeûne, d’abstinence et les autres temps de pénitence, l’Église nous invite à prendre au sérieux la parole de Jésus: «Si quelqu’un veut venir à Ma suite, qu’il se renonce lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il Me suive.»

La pénitence n’est pas quelque chose de négatif, mais un effort libre pour aimer davantage: renoncer à quelque chose de légitime, offrir un sacrifice caché, se priver volontairement pour partager, accepter avec patience une contrariété, pour prouver à Dieu qu’on L’aime plus que tout.  Ainsi, en unissant ces petites mortifications au sacrifice du Christ, nous purifions notre cœur, réparons nos fautes et ouvrons plus largement notre âme à la grâce.

Une demande réitérée

À La Salette (1846), la Sainte Vierge apparaît en larmes, Se plaignant de l’indifférence envers Dieu et appelant Ses enfants à la conversion par la prière fidèle et la pénitence généreuse, pour réparer les péchés et éviter de grands châtiments.  Elle insiste sur la prière quotidienne, même brève, et sur l’acceptation des souffrances offertes en esprit de réparation, comme chemin de réconciliation avec Son Fils.

 

À Lourdes (1858), Marie fait cette invitation à Bernadette:  «Pénitence! Pénitence! Pénitence!  Priez Dieu pour les pécheurs». Elle demande la prière du chapelet et de simples actes de pénitence (prier à genoux, baiser la terre, petites mortifications) pour la conversion des âmes.  Elle ne promet pas le bonheur sur la terre, mais dans l’autre vie.

 

À Fatima (1917), la Sainte Vierge demande de réciter chaque jour le rosaire, d’offrir sacrifices et pénitences pour la conversion des pécheurs et en réparation des offenses faites à Dieu, et contre Son Cœur Immaculé.  Elle explique que la pénitence première consiste à accomplir fidèlement ses devoirs d’état et à observer la loi de Dieu, promettant miséricorde et paix si l’on répond à cet appel de prière et de réparation.

 

À Garabandal (1961-1965), la Vierge vient rappeler avec force l’urgence de la prière et de la pénitence, dans la ligne de La Salette, Lourdes et Fatima.  Elle demande de prier beaucoup, surtout pour les prêtres, et d’offrir des sacrifices pour la conversion des pécheurs et la réparation des offenses faites à Dieu.  Elle avertit que, si l’on ne change pas de vie, viendront de grandes épreuves pour l’Église et le monde, mais que la miséricorde de Dieu est prête à se déployer si Ses enfants répondent à cet appel de prière, de pénitence et de fidélité au Christ.

 

Dans les deux derniers siècles, la Sainte Vierge a multiplié Ses apparitions, demandant partout Prière et Pénitence.  Il serait trop long de les relater ici.