Leçon 24 – La Sainte Vierge Marie, saint Joseph et l’Ange gardien

Parmi tous les êtres humains, il est une créature que Dieu regarde avec une prédilection unique, une créature qu’Il a comblée des plus magnifiques dons, en qui Il a mis toutes Ses complaisances.  Elle dépasse en beauté, en intelligence, en grandeur toutes les filles de Sion, et surpasse en sainteté tous les Anges et tous les Saints du Ciel: c’est la Sainte Vierge Marie, chef-d’œuvre du Tout-Puissant.

Marie est annoncée au monde bien avant de paraître: dès le paradis terrestre, lorsque Dieu promet à Adam un Sauveur et déclare au serpent qu’une Femme lui écrasera la tête.  Pour préparer cette Femme bénie entre toutes, Dieu fait plus encore: par un privilège singulier, Il La préserve, dès le premier instant de Sa conception, de la tache originelle qui marque tout enfant venant en ce monde.  Cette grâce unique, accordée à Celle qui devait être Mère de Dieu, l’Église la contemple chaque année le 8 décembre, en la fête solennelle de l’Immaculée Conception.

La Vierge très sainte reçoit sur la terre un foyer digne d’Elle: saint Joachim pour père, sainte Anne pour mère.  Son enfance s’écoule dans le Temple, comme une fleur cachée.  Elle prie, médite les livres saints, travaille de Ses mains, chante les louanges du Seigneur.  Toute Sa jeunesse est un secret colloque entre Son Cœur et le Cœur de Dieu.  Devenue jeune fille, Elle est fiancée à saint Joseph, l’humble juste choisi pour être le gardien de ce trésor.

Un jour, alors que Marie est en prière, le ciel s’ouvre.  Un ange entre chez Elle.  C’est Gabriel, le messager de Dieu.  Il La salue:  «Je Vous salue, ô pleine de grâce; le Seigneur est avec Vous.  Vous êtes bénie entre toutes les femmes.»  La Vierge Se trouble devant un tel salut, Elle S’abaisse encore.  Mais l’ange La rassure et Lui révèle le dessein de Dieu.  Elle concevra un Fils, qu’Elle appellera Jésus.

Alors, dans un consentement qui engage le destin du monde, la Vierge Marie répond:  «Je suis la servante du Seigneur; qu’il Me soit fait selon votre parole.» En cet instant silencieux, le Verbe éternel prend chair en Son sein: le mystère de l’Incarnation s’accomplit, Dieu Se fait homme, et le Ciel descend sur la terre.

Quelques mois plus tard, à Bethléem, le petit Jésus naît dans la pauvreté d’une crèche.  Marie ne Lui donne pas Sa divinité – qui Lui vient du Père – mais Elle Lui donne Son humanité, ce corps et ce sang par lesquels Il nous sauvera.  Pourtant, parce que ce Fils qu’Elle enfante est une seule et même personne, vrai Dieu et vrai homme, l’Église La salue à juste titre du nom de Mère de Dieu.  Entre tous les titres que notre piété Lui attribue, aucun n’est plus doux à Son Cœur que celui qui proclame Sa maternité divine, car il renferme, mieux que les plus longs discours, toutes Ses gloires et toutes Ses grandeurs.

Mère de Dieu, Marie est aussi notre Mère.  

Sur la croix, au Vendredi saint, Jésus, déjà à l’agonie, veut encore nous donner une ultime preuve de Son amour.  Tournant vers Marie un regard rempli de tendresse, Il Lui dit en désignant saint Jean:  «Femme, voilà Votre fils.»  Puis Jésus regarde Son disciple bien-aimé, saint Jean, et lui dit:  «Mon fils, voici votre Mère.»  En cet instant solennel, Marie nous adopte tous en la personne de Jean, et l’amour qu’Elle nous porte dépasse l’amour de toutes les mères de la terre réunies.

De notre côté, nous ne pourrons jamais avoir envers la bienheureuse Vierge Marie trop de reconnaissance ni trop de tendresse.  C’est par Elle que s’est renoué l’alliance d’amour entre Dieu et l’homme, qui avait été brisé par le péché d’Adam.  En donnant Jésus au monde, Elle nous a donné la source de tout bien. Nous sommes invités à L’aimer avec l’affection confiante d’un enfant pour sa mère et à L’invoquer comme notre plus puissante protectrice.

Plusieurs fois par jour, il convient de Lui adresser l’Ave Maria, ou Je Vous salue Marie, la plus douce des prières mariales.  Elle commence par la salutation de l’archange Gabriel:  «Je Vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec Vous; Vous êtes bénie entre toutes les femmes», puis reprend les paroles de sainte Élisabeth:  «Et Jésus, Votre Fils, est béni.»  L’Église a ajouté la supplication finale:  «Sainte Marie, Mère de Dieu et notre Mère, priez pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Ainsi soit-il.»

Notre Mère du Ciel a les mains pleines de trésors spirituels, et Elle Se plaît à les répandre sur les âmes dociles.  Demandons-Lui de préparer Elle-même notre cœur à recevoir Jésus dans la Communion.  Notre-Dame du Saint-Sacrement, qui fut le premier tabernacle où demeurait Jésus avant Sa naissance, nous aidera, si nous La prions, à faire une bonne première communion.  Elle déposera en nous quelque chose du respect et de l’amour dont Elle était embrasée lorsque, à la fin de Sa vie, Elle S’approchait de la Table sainte.

Allons donc à Jésus par Marie: au Fils tout-puissant par la Mère toute bonne.  C’est le chemin le plus sûr, le plus doux et le plus court pour entrer dans le Cœur de Dieu.

Saint Joseph et l’Ange gardien

Il est juste d’avoir une dévotion particulière envers saint Joseph, l’époux de Marie et père nourricier de Jésus.  Celui à qui Dieu a confié la garde de Jésus, l’innocence même, et de Marie, la plus pure des vierges, peut certainement veiller sur nous.  Chaque jour, nous devons prier ce grand Saint pour qu’il nous aide à garder un corps chaste et une âme sans tache, à travailler fidèlement, à vivre dans le silence, la foi et la confiance.

En venant au monde, chacun de nous reçoit aussi, de la bonté de Dieu, un protecteur spécial: l’Ange gardien.  Pur esprit, l’Ange n’a pas de corps, et nos yeux ne peuvent le voir, mais lui voit tout ce que nous faisons.  Par respect pour sa présence, nous sommes invités à fuir tout ce qui est mal.  Il convient de l’invoquer dans tous nos besoins: discret compagnon de route, il vient à notre secours, nous éclaire, nous avertit, et écarte, autant que Dieu le permet, les pierres les plus lourdes qui pourraient nous faire tomber sur cette route escarpée qui mène de la terre au Ciel, où l’on grimpe plus qu’on ne marche.

Le chemin le plus direct vers Jésus

Il est raconté dans les Chroniques des Frères mineurs que saint François d’Assise, ravi en extase, contemple un jour un vaste paysage spirituel.  Entre la terre et le Ciel se dressent deux grandes échelles.  L’une est toute rouge, couleur de sang et de sacrifice; au sommet Se tient Notre-Seigneur Lui-même.  L’autre est toute blanche, lumineuse comme la lumière de l’aube; au-dessus d’elle Se penche la Vierge Marie, douce et maternelle.

Les fils de saint François, pleins de courage, se précipitent vers l’échelle rouge.  Ils veulent monter directement vers Jésus.  Ils s’élancent, gravissent quelques degrés, mais la pente est si raide qu’ils glissent, perdent pied, retombent lourdement sur la terre.  Ils recommencent, avec plus d’effort encore, et de nouveau ils tombent.  Bientôt, épuisés, couverts de blessures, ils sont sur le point d’abandonner l’effort.  Le découragement leur arrache des larmes: le Ciel leur semble trop haut, la sainteté inaccessible.

Voyant cela, François est profondément attristé.  Son cœur de père se tourne vers le Sauveur.  «Seigneur, supplie-t-il, ayez pitié de mes frères.  Ils veulent venir jusqu’à Vous, mais ils n’y parviennent pas.»  Alors Jésus lui répond:  «Tes frères ne s’y prennent pas comme il faut pour arriver jusqu’à Moi.  Dis-leur d’aller d’abord vers Ma Mère, en montant le long de l’échelle blanche.»

Réconforté, saint François s’empresse de transmettre à ses frères le conseil du Christ.  Les frères, levant les yeux vers Marie, implorent Son aide et se hissent sur l’échelle blanche.  La montée n’est pas sans peine: parfois ils glissent, retombent d’un ou deux échelons, doivent reprendre souffle.  Mais ils se relèvent, se confient à la Vierge, recommencent.  De degré en degré – c’est-à-dire de vertu en vertu, de lumière en lumière – ils s’élèvent progressivement.

Parvenus près du sommet, ils sentent leurs forces faiblir.  Le Ciel est si proche, et pourtant, il semble qu’ils ne pourront l’atteindre.  Alors, d’une même voix, ils poussent un cri vers Marie.  La Vierge Se penche, souriante, et leur tend la main.  D’un geste maternel, Elle les attire à Elle, les abrite sous Son manteau immaculé, et les présente à Son Fils, devant qui ils trouvent grâce.

Grâce à cette protection maternelle et toute-puissante, les frères sont reçus au Ciel.  Jésus les accueille, et leur entrée dans la gloire redit de siècle en siècle: Allons à Jésus par Marie.

Monter «l’échelle blanche» de Marie, c’est tout simplement aller vers Jésus en se laissant guider par Sa Mère.  Concrètement, cela veut dire Lui confier chaque jour sa vie par une simple prière, tel un «Je Vous salue Marie», ou encore: «Ô ma Souveraine, ô ma Mère, je me donne à Vous, gardez-moi.» Prendre l’habitude de Lui offrir nos joies, nos peines et nos efforts pour qu’Elle les présente à Jésus.  Nous irons ainsi de vertu en vertu.  Avec Elle, la montée reste exigeante, mais elle n’est plus jamais solitaire.