Leçon 9 – Les Fins dernières de l’homme

D’où venons-nous?  Pourquoi sommes-nous sur la terre?  Où allons-nous?

Depuis les premiers jours du monde, depuis des milliers de siècles, l’humanité se pose ces trois grandes questions, avec la même angoisse et la même soif de vérité.

Pour les incrédules, c’est-à-dire, pour les infortunés qui ne croient pas en Dieu, la question reste sans réponse.  Certains savants, appelés philosophes, ont essayé d’élucider ces énigmes, mais ils n’ont réussi qu’à embrouiller davantage la question – vu qu’ils se contredisent tous – et à faire éclater leur ignorance ou leur mauvaise foi.  Les esprits modernes ajoutent confusion à confusion.  Leurs doctrines contradictoires s’effondrent les unes sur les autres.

Seule la religion de Jésus-Christ éclaire le mystère.

Dieu nous a créés pour Le connaître, L’aimer et Le servir en ce monde, pour être heureux avec Lui dans le Ciel pendant toute l’éternité.  Dieu qui fut notre origine est aussi notre fin suprême.

On appelle les quatre fins dernières de l’homme: la mort, le jugement, le Ciel et l’enfer.

La mort

Tiré de la terre par la toute-puissance de Dieu, l’homme doit un jour y retourner.  Depuis qu’Adam a péché, la mort est entrée dans le monde comme le juste châtiment du péché originel.  Si nos premiers parents n’avaient pas désobéi à Dieu, ils auraient été immortels, et nous l’aurions tous été avec eux.  La mort est le châtiment du péché.  Il nous faut donc l’accepter avec tout son cortège de maux en expiation de nos fautes.  Elle nous guette toujours et, tôt ou tard, frappe à notre porte.   Pourtant, pour celui qui a bien vécu, la mort est un heureux passage, puisque mourir, c’est aller au Ciel, dans la maison du bon Dieu.

Le jugement particulier

Aussitôt après la mort, notre âme comparaît devant le tribunal de Jésus-Christ.  Rien n’échappe à Son regard: pensées, paroles, actes, omissions – tout est pesé dans la balance de la justice et de la miséricorde.  Pensons-y bien, chacun de nos actes a son retentissement dans l’éternité.

Outre le jugement particulier, il y aura aussi, à la fin du monde, un jugement général, très solennel, où toutes les créatures humaines rendront compte de leurs actions au Dieu tout-puissant, Juge suprême du bien et du mal.  S’adressant aux bons et leur ouvrant Ses bras, Jésus-Christ leur dira avec tendresse:  «Venez les bénis de Mon Père, posséder le royaume qui vous a été préparé.»  Puis Sa voix redoutable interpellera les méchants:  «Retirez-vous de Moi, maudits, allez au feu éternel.»

Le Ciel... ou l’enfer...

Le jugement, tant particulier que général, comporte deux issues possibles: le Ciel ou l’enfer, c’est-à-dire une éternité d’amour et de bonheur ou une éternité de haine et de souffrances.

Si l’âme paraît devant Dieu en parfait état de grâce, sans la moindre faute à expier – ce qui est chose rare entre toutes – elle s’élève aussitôt vers le Paradis.  Si, tout en étant en grâce, il lui reste encore quelques dettes à purifier, elle passe d’abord par le Purgatoire avant d’entrer dans la gloire éternelle. Mais si, par un malheur effroyable, elle meurt en état de péché mortel, sans avoir eu le temps d’un repentir sincère, elle se précipite en enfer.

L’enfer

Qu’est-ce donc que l’enfer?  C’est un lieu d’horreur, où les méchants qu’on appelle damnés, séparés à jamais de Dieu, subissent avec les démons un châtiment proportionné à leurs fautes.  L’Église nous enseigne qu’il y a un enfer, et l’Évangile le rappelle maintes fois: il faut donc y croire.  Le plus grand supplice des damnés est la privation de Dieu, la haine du Bien suprême pour Lequel ils avaient été créés.  Avant d’être précipités en enfer, ils ont entrevu Dieu, Son amour infini, Sa beauté... et ce Dieu si bon, ils L’ont rejeté! – Ah! ne l’oubliez pas: un seul péché mortel suffit à nous précipiter dans l’abîme, et, une fois en enfer, on n’en sort plus – jamais, jamais...

Le Purgatoire

Entre le Ciel et l’enfer, il est un lieu intermédiaire: le Purgatoire.

Qu’est-ce que le Purgatoire?  C’est un lieu de purification, une sorte de prison où les âmes des justes, encore redevables à la Justice divine, achèvent dans la souffrance l’expiation de leurs péchés.  Ceux qui meurent avec des péchés véniels sur la conscience ou qui n’ont pas fait une pénitence suffisante des fautes passées, dont ils ont reçu de Dieu le pardon, vont au Purgatoire.  Sans nul doute, dans ce lieu d’expiation on souffre beaucoup, mais ces souffrances ne devant durer qu’un temps plus ou moins long, l’espérance en adoucit l’amertume.  Nous devons chaque jour prier le bon Dieu de prendre en pitié, par les mérites de Son Fils Jésus-Christ, les pauvres âmes du Purgatoire, et en particulier, les âmes de nos parents et amis.

Le Ciel, notre destinée

Le Ciel est plus qu’un lieu: c’est la vie même de Dieu partagée avec nous, le bonheur éternel dans la vision et la possession de Celui qui nous a créés par amour.

Ici-bas, nous ne pouvons qu’entrevoir ce mystère.  «L’œil de l’homme n’a pas vu, son oreille n’a pas entendu, son esprit ne peut imaginer ce que le bon Dieu réserve à Ses élus.» nous dit la Sainte Écriture.  Tout ce que la terre compte de joies, de beautés, de consolations n’est qu’une pâle lueur, un reflet affaibli de la joie parfaite qui nous attend en Dieu.

Au Ciel, nous verrons Dieu face à face, dans la clarté sans voile de Sa lumière; nous contemplerons Sa majesté, nous admirerons Ses perfections infinies, et nous L’aimerons de toute la puissance de notre être, car Il est le Bien souverain, la source de toute beauté et de toute joie.  En Dieu, avec Lui et pour Lui, nous aimerons la Sainte Vierge, les Anges, les Saints, notre père, notre mère, nos frères, nos amis qui auront été fidèles à Sa grâce.

Là-haut, toutes les vraies joies de l’esprit, du cœur et même du corps transfiguré seront notre partage.  Au Ciel, plus de larmes, plus de deuils, plus d’ignorance, plus de faim, plus de soif, plus de travail, plus de péché, plus de mort.  Nous serons pleinement heureux, et ce bonheur, bien loin d’être passager comme les bonheurs de la terre, durera toujours.

Et maintenant, voyons: qui, parmi vous, veut prendre un billet pour le Ciel?  Tous?  Eh bien, soit!  Le bon Dieu vous invite tous, sans exception, à venir prendre place au Paradis. Vous savez ce qu’il faut faire pour y parvenir: fuir le péché, pratiquer le bien, ou, en un seul mot, aimer le bon Dieu plus que tout.  Quand on aime vraiment quelqu’un, on craint de lui faire de la peine.  Ainsi, si vous aimez le Seigneur, vous éviterez tout ce qui L’offense.  Aimez donc beaucoup le bon Dieu sur cette terre, pour obtenir la grâce de L’aimer éternellement là-haut, dans le beau royaume du Ciel.

Après une longue traversée...

Un hardi navigateur, Christophe Colomb, s’embarque un jour avec quelques compagnons pour chercher, au-delà de l’horizon, des terres nouvelles que son génie lui a fait pressentir.  La navigation se fait à la voile: les jours se succèdent, identiques, sur l’océan sans fin, et l’on ne voit que le balancement monotone des vagues et la ligne immuable du ciel.

Peu à peu, le courage des marins s’effrite.  Fatigués, secoués par les tempêtes, épouvantés par l’inconnu, ils murmurent, se révoltent, maudissent leur chef.  Plusieurs refusent même de servir davantage.  Colomb, pourtant, ne cède pas.  Mainte et mainte fois, il relève les courages abattus: 

«Trois jours encore, leur dit-il, trois jours, et je vous donne un nouveau monde.  Là, vos peines finiront: ce sera le repos et le bonheur.»

Enfin, au matin du 12 octobre 1492, un cri éclate du haut d’un mât:  «Terre!  Terre!»  Au loin, une ligne sombre se dessine, puis des rivages se précisent, couverts de verdure et de fleurs.  C’est un monde inconnu qui surgit, c’est l’Amérique.  La joie déborde à bord des navires.  On s’embrasse, on pleure, on oublie fatigues, dangers, découragements.  Tout est transfiguré par ce seul mot: «Terre!»

Eh bien, nous aussi, nous sommes embarqués sur un océan, celui de la vie.  Chaque jour, il nous faut affronter des tempêtes, nos passions qui se soulèvent, le démon qui nous tente, le monde qui nous entraîne.  Garder son cœur pur demande beaucoup de luttes et des efforts incessants.  Mais l’effort, c’est l’amour.  Quand on aime, le travail devient plus léger, le fardeau moins pesant.

Ne nous laissons donc jamais abattre par les épreuves.  Dieu a promis le Ciel aux vaillants soldats du Christ, et Dieu ne trompe pas.  Au soir de notre vie, quand nous atteindrons enfin le port désiré du salut, notre cri sera celui des marins de Colomb, mais infiniment plus joyeux:

«Ciel!  Ciel!  Oh, quel bonheur!  Le Ciel est à moi, pour toujours!»

Quelques instants d’efforts, quelques années de sacrifices nous auront valu une éternité de bonheur.