Leçon 4 – Tentation et chute

Un jour, sous la forme d’un serpent aux écailles luisantes, Satan s’insinue dans le jardin.  Il s’approche d’Ève, la salue d’une voix douce et caressante, puis, feignant la compassion, lui demande si vraiment elle est parfaitement heureuse et pourquoi elle ne mange pas des fruits de l’arbre qui se dresse au centre du Paradis.  Ève répond: «Le Seigneur nous a défendu d’en manger, et Il nous a avertis que si nous touchons à ces fruits, nous mourrons.»  Alors le démon, menteur dès l’origine, réplique: «Non, vous ne mourrez pas.  Au contraire, vos yeux s’ouvriront.  Vous connaîtrez le bien et le mal, et vous serez comme des dieux.  Dieu ne veut pas que vous soyez dieu comme Lui, voilà pourquoi Il vous a défendu de manger ce fruit.»  Comme il fait toujours, le diable joue sur l’orgueil des hommes.  Par des flatteries et des mensonges, il parvient souvent à les séduire.

Ève sent son cœur hésiter.  Pendant un moment, elle résiste, se souvenant des paroles de Dieu.  Piquée par la curiosité, elle commence à analyser l’ordre de Dieu: «Quelle serait la secrète raison derrière cette défense?...»  Dans son cœur, elle commence à murmurer. 

Dieu a tous les droits sur Sa créature.  Quand on commence à analyser les ordres de Dieu, on ouvre la porte à l’orgueil, source et racine de tous les maux.  En effet, l’orgueil se glisse en elle comme un poison lent.  Elle va trouver Adam et lui rapporte ce que le serpent lui a dit.

La chute fatale

Plus elle le considère, plus le fruit défendu lui paraît désormais plus beau que tous les autres.  Elle le cueille, le porte à ses lèvres, en mord la chair, puis en offre une moitié à son époux.  Adam, lui aussi, a la faiblesse d’en manger.  À l’instant même, plus rapide qu’un éclair qui, un soir d’orage, déchire la nuit, quelque chose se déchire en eux.  C’est le lien d’amour qui les unissait à Dieu qui s’est brisé.  Leurs yeux s’ouvrent, mais ce n’est pas pour devenir comme des dieux.  Adam et Ève ont écouté le démon et commis le premier péché qu’on appelle le péché originel.  La lumière dont Dieu les avait revêtus se dissipe.  Ils se découvrent coupables, nus, vulnérables, angoissés. Leur paix intérieure se change en trouble, leur intelligence et leurs sens sont bouleversés.

Adam et Ève découvrent le mal

Remplis de honte et de peur, Adam et Ève cherchent à fuir le regard de Dieu.  Le cœur serré, plus effrayés que contrits, ils se cachent derrière de grands arbres.  Mais nul ne se dérobe à Dieu.  Il vient à eux, non plus avec le visage serein du Père qui Se promène avec Ses enfants, mais avec un visage sévère.  Sa voix puissante et profondément affligée, retentit dans le jardin.

«Adam, où es tu?»

Tremblant, Adam répond:  «J’ai entendu Votre voix dans le jardin, et j’ai eu peur, parce que je suis nu, alors je me suis caché.»

Dieu reprend:  «Qui t’a appris que tu es nu?  Aurais-tu mangé du fruit de l’arbre que Je t’avais défendu de manger?»

Pour s’excuser, Adam rejette la faute sur sa complice:  «La femme que Vous avez mise auprès de moi m’a donné de ce fruit, et j’en ai mangé.»

C’est comme s’il blâmait Dieu de lui avoir donné une compagne!

Avec une grande tristesse, Dieu Se tourne vers Ève:

«Pourquoi as tu fait cela?»

Ève répond, les yeux baissés:  «Le serpent m’a trompée, et j’en ai mangé.»

Elle aussi veut s’excuser et elle blâme le diable!

Dieu regarde le serpent et prononce avec autorité:

«Parce que tu as fait cela, tu es maudit entre tous les animaux.  Tu ramperas sur ton ventre et tu mangeras la poussière tous les jours de ta vie.  Je mettrai l’hostilité entre toi et la Femme, entre ta descendance et Sa descendance.  Elle t’écrasera la tête, et toi, tu essaieras de La blesser au talon.»

De nouveau, Dieu Se tourne vers Ève et lui dit:

«Je multiplierai tes souffrances.  Tu enfanteras dans la douleur et tes enfants seront pour toi une source de grandes peines.  Tu seras sous la puissance de ton mari, et il te dominera.»

Enfin, Dieu parle à Adam, d’une voix très grave:

«Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé du fruit de l’arbre que Je t’avais défendu, la terre est maudite par ta faute. C’est dans la peine que tu tireras ta nourriture tous les jours de ta vie.  Elle te produira ronces et épines, et tu mangeras l’herbe des champs.  Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front, jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu as été tiré, car tu es poussière, et tu retourneras en poussière.»

L’expulsion et la peine

Dieu Se retire, bien triste.  Un silence de plomb retombe sur le jardin.  Adam et Ève comprennent alors, dans un grand tremblement, tout ce qu’ils viennent de perdre.

Après cette terrible sentence, saint Michel Archange, le premier défenseur des Droits de Dieu, les chasse du Paradis terrestre.  Adam et Ève quittent le jardin de délices, le cœur brisé, et la porte du Paradis se referme derrière eux comme une grande porte lumineuse qui restera verrouillée à jamais.

Longtemps, les deux aïeux du genre humain restent silencieux, l’un à côté de l’autre, accablés sous l’énormité de leur faute.  Devant leurs yeux intérieurs s’ouvre l’immense abîme de malheurs qu’ils ont creusé pour eux mêmes et pour tous leurs enfants à venir.  En se souvenant de tous les biens perdus, et surtout de la douce intimité avec leur Créateur, à laquelle ils ne goûteront plus de la même manière, ils versent des larmes amères.  Jour et nuit, ils déplorent leur conduite insensée et pleurent le beau Paradis perdu.