Un jour, Jésus avait marché depuis des heures sous le soleil brûlant, en compagnie de Ses Apôtres. Fatigué, Il s’assoit au bord d’un puits, à l’heure où la lumière tombe durement sur les pierres et où la soif accable plus sensiblement. Ses Apôtres sont partis à la ville pour chercher quelque chose à manger. Une femme s’avance, seule, une cruche sur l’épaule. Tout le monde, à Samarie, connaît sa vie désordonnée.
Jésus, qui veut la convertir, engage la conversation. Il lui demande à boire. Étonnée, elle s’étonne qu’un Juif s’adresse ainsi à une Samaritaine. Alors Jésus ouvre devant elle un horizon inattendu: «Si tu savais le don de Dieu, et qui est Celui qui te dit: Donne-moi à boire, c’est toi qui Lui en aurais demandé, et Il t’aurait donné une eau vive.» La femme Le regarde, perplexe et émue sans savoir pourquoi. Jésus continue: «Celui qui boit de l’eau de ce puits aura encore soif. Mais celui qui boira de l’eau que Je lui donnerai, n’aura plus jamais soif.»
La femme parle du Messie, de Celui qui doit venir. Jésus alors Se révèle: «Le Messie? C’est Moi qui te parle.» Puis Il met à nu, avec une douceur désarmante, les fautes de sa vie passée. Aucun reproche cruel, mais une lumière qui traverse son cœur. Sous le choc de cette vérité qui l’éclaire et la transforme, elle ressent une grande peine d’avoir tant offensé Dieu et le désir de réformer sa vie pour Lui être agréable. Non seulement elle est convertie, elle devient aussi un témoin de Jésus, car son bonheur est si grand qu’elle veut le partager avec tous. Elle laisse là sa cruche, court vers la ville, appelle tous ceux qu’elle connaît pour les conduire à Jésus. Cette transformation instantanée est un effet puissant de la grâce de Dieu.
Ce mot «grâce» désigne justement ce cadeau gratuit que Dieu nous fait pour nous conduire au salut. On distingue deux types de grâce: la grâce habituelle et la grâce actuelle. La grâce habituelle ou sanctifiante est une grâce qui demeure en nous et nous rend agréables aux yeux de Dieu. Elle fait de nous Ses amis. Un seul péché grave suffit à la faire perdre.
L’état de grâce est le plus précieux de tous les trésors. Être en état de grâce ou avoir la conscience toute pure, c’est ressembler aux anges, refléter en soi l’image de Dieu, aimer Jésus et en être aimé. C’est le bonheur et c’est la beauté, parce que c’est l’amour!
La grâce actuelle est un secours momentané que le bon Dieu nous accorde dans une circonstance difficile. C’est une aide ponctuelle que Dieu nous donne pour nous pousser à faire le bien et à éviter le mal. Imaginez une main forte qui vous soulève d’un bond au-dessus d’un fossé que vous ne pourriez jamais franchir seul: ainsi la grâce actuelle nous aide à passer par-dessus le fossé du péché, à ne pas tomber là où notre faiblesse nous entraînerait. Sans la grâce, nous sommes incapables, par nous-mêmes, d’observer pleinement les commandements et de mériter le Ciel. «Sans Moi, vous ne pouvez rien faire», dit Jésus dans l’Évangile. C’est pourquoi toutes nos prières, au fond, demandent une chose: la grâce. Dieu ne la refuse pas à celui qui la Lui demande avec humilité et persévérance.