Neuvaine à Notre-Dame de La Salette


Premier Jour – Réflexions


La Sainte Vierge à La Salette choisit des enfants pour confidents de Son céleste message, afin d’imiter les voies sages de Dieu, qui laisse les orgueilleux dans les ténèbres, qui Se communique aux humbles, qui emploie des instruments faibles afin de mieux manifester Sa puissance, d’éprouver notre foi et d’ajouter au mérite de notre obéissance. Marie Se montre à des bergers pour honorer la vie modeste et simple des champs si méprisée aujourd’hui. Elle apparaît sur une montagne pour nous dire que le moyen de La trouver est de se rapprocher du ciel, en renonçant aux vils intérêts et aux vains bruits de la terre. Elle choisit la veille de la fête des Sept Douleurs, parce que c’est une douleur qu’Elle vient annoncer.  (Note: l’Église célébrait cette fête le dimanche suivant le 15 septembre.)


Enfin, Elle apparaît auprès d’une source tarie pour nous apprendre que la cause de Son affliction est de voir tarie dans notre âme la source de la grâce, et que si nous voulons accepter Son Cœur pour refuge, nous pouvons retrouver encore notre première vie.


PRIÈRE

Ô Vierge! en qui Dieu fit de si grandes choses à cause de Vos abaissements, obtenez-moi de devenir petit à mes yeux, pour participer à Vos ineffables secrets. Je veux établir mon âme dans une paix et dans un détachement qui Vous permettent de me manifester toujours la volonté de Dieu sur moi. Faites que mon cœur, desséché jusqu’ici par le feu des passions, ne se désaltère qu’aux pures sources de la vertu et des sacrements.



Deuxième Jour – Pleurs de Marie


Tout respire la douleur, tout pleure dans Marie apparaissant aux petits bergers. Elle cache d’abord Son visage dans Ses mains, puis Elle verse des larmes sensibles. Elle porte sur Elle les insignes de la Passion, chacune de Ses paroles est un gémissement, enfin Elle laisse une source comme emblème intarissable de Ses pleurs.


Ne demeurons pas étrangers à des larmes dont nous sommes tous les auteurs. Il est cruel de faire pleurer sa mère; mais il est plus cruel d’être insensible à Ses larmes. Voyons en quoi et depuis quel temps nous faisons pleurer Marie, et promettons ici de La consoler désormais.


PRIÈRE

Ô Mère affligée! si j’avais vu couler Vos larmes, je les aurais recueillies comme des perles précieuses. Heureux le sol qui les a bues, que ne puis-je le baiser avec amour! Mais, ingrat que je suis, elles coulent tous les jours sur mes péchés, ces larmes bénies, et, plus dur qu’un rocher, je n’y joins pas les miennes. Obtenez-moi, bonne Mère, par le mérite de Vos douleurs, la grâce de ne pas la renouveler, et que mon cœur, fertilisé par Vos pleurs, produise des fruits de pénitence et de salut.



Troisième Jour – Premier sujet de plainte de Marie:
LE BLASPHÈME


Marie Se plaint de ce que le nom de Son divin Fils est profané. Comment y serait-Elle insensible, Elle qui mesure la majesté de Dieu blasphémé, le néant de l’homme blasphémateur et le trésor de colère que ce crime amasse sur les sociétés.


Examinons si nous ne nous sommes jamais oubliés jusqu’à blasphémer, soit en murmurant contre la Providence, soit en souillant le plus saint des noms. N’avons-nous jamais donné lieu à aucun blasphème? Avons-nous toujours bien compris que le blasphème est un sacrilège, une impiété, une ingratitude, une folie, un fléau social, un péché diabolique et le plus grave des crimes?


PRIÈRE

Ô Mère de la crainte de Dieu, je Vous fais amende honorable pour tous les blasphèmes qui, en outrageant Votre cher Fils, ont rempli Votre Cœur d’amertume. Rendez à Dieu, par Vos louanges, autant d’honneur que ce crime peut Lui en avoir ravi. Je me déclare à Vos pieds l’implacable ennemi du blasphème. J’éviterai tout ce qui pourrait y porter ceux qui m’entourent. Je le punirai sévèrement dans ceux qui me sont subordonnés. Je travaillerai par tous les moyens à l’extirper de ma Patrie, sur laquelle il a déjà attiré trop de malédictions.



Quatrième Jour – Deuxième plainte de Marie: 
LA PROFANATION DU DIMANCHE


Dieu nous donne six jours pour le travail et réserve le septième à Son culte. Est-Il trop exigeant, Lui à qui tous les temps appartiennent, qui ne nous doit pas même une heure! Quelle ingrate malice, quelle mortelle insouciance, que de Lui refuser Son jour, de le violer par un travail avare, de le perdre par l’éloignement des saints offices, de le souiller par des divertissements coupables ou dangereux! Par là, la foi s’éteint, l’humanité se dégrade comme une bête de somme, la société se dévoue à tous les malheurs.


Si nous aimons encore Dieu et notre patrie, arrêtons la colère du ciel en formant une sainte croisade, sous l’étendard de Marie, pour le rétablissement du jour du Seigneur.


PRIÈRE

Ô Protectrice de la chrétienté! rendez-lui les temps heureux où le dimanche était dignement sanctifié. Je déplore d’avoir jusqu’ici été trop peu sensible à l’oubli de ce jour sacré. Je veux dès aujourd’hui m’employer à le faire respecter autour de moi et le passer moi-même dans l’exercice de la prière, des bonnes lectures et des saintes œuvres.



Cinquième Jour – Troisième plainte de Marie:
LA VIOLATION DES JOURS D’ABSTINENCE


La sainte Église connaissant à la fois le besoin et l’horreur que nous avons de la pénitence, nous exhorte à la pratiquer en nous privant de certaines gâteries chaque vendredi, tout le temps du Carême, de l’Avent, les jours des Quatre-Temps, etc. La Vierge Marie Elle-même a réitéré partout Ses appels à la «Prière et Pénitence.» À La Salette, notre bonne Mère disait en pleurant: «Le vendredi on court à la boucherie comme des chiens…» Qui pourrait compter les désobéissances à ce désir de notre Mère, commises par l’indifférence, le mépris des appels divins, le respect humain ou une aveugle mignardise?


Aussi, Dieu qui Se regarde comme méprisé, dans la personne de l’Église Son Épouse, nous menace par la bouche de Sa Mère, de nous retirer Sa protection et de nous traiter comme des païens.


Examinons si nous observons et faisons observer chez nous la pratique de la pénitence, et faisons sur ce point toutes les réformes compatibles avec de réelles nécessités.


PRIÈRE

Ô Reine de l’Église, Vous ne pouvez être insensible à une violation aussi générale de ses sages lois. Obtenez-moi le courage de me montrer toujours fidèle catholique et de fermer l’oreille aux délicatesses excessives de ma chair. J’ai beaucoup péché, j’ai donc grand besoin de pénitence. Je veux au moins accepter celle que je n’aurais pas eu de moi-même la générosité de m’infliger et embrasser avec amour les petites croix que la Providence m’envoie pour mon salut.



Sixième Jour – Quatrième plainte de Marie:
L’INDIFFÉRENCE ET L’INGRATITUDE DES HOMMES À SON ÉGARD


La Sainte Vierge à La Salette ne nous reproche pas seulement des fautes contre Dieu, mais Elle déplore l’abus que nous faisons de Ses propres bienfaits: «Je souffre depuis longtemps pour vous, qui n’en faites pas cas… Jamais vous ne pourrez récompenser la peine que J’ai prise pour vous.» Si nous savions, en effet, tout l’amour qu’Elle nous porte, toutes les faveurs qu’Elle nous obtient, tous les malheurs qu’Elle écarte de nous pendant que nous n’y pensons pas! Combien de fois la justice divine nous aurait frappés, si Marie n’avait interposé Son Cœur de mère!


N’endurcissons pas plus longtemps nos cœurs, car la protection de Marie peut être à la fois le sujet et de notre plus douce espérance, et de notre plus sévère condamnation.


PRIÈRE

Ô Mère de miséricorde! jusqu’à ce jour j’ai bien mal reconnu Votre assistance. Sans Vous, je le reconnais, l’enfer serait depuis longtemps ma demeure. Je ne veux plus être sourd à Votre appel, c’est assez fatiguer Votre patience et irriter la justice de Votre Fils. Je veux être désormais le plus fidèle et le plus reconnaissant de Vos serviteurs.



Septième Jour – Menaces de Marie à La Salette


Les menaces d’une mère sont les plus fortes preuves de son amour, parce qu’elles sont la dernière ressource et le suprême effort de son cœur. Marie menace comme une mère, en versant des larmes; mais en nous montrant les malheurs qu’Elle ne pourrait épargner à notre endurcissement, Elle nous ouvre la porte par où il nous serait encore possible d’y échapper: «Si Mon peuple ne veut pas se soumettre, Je suis FORCÉE de laisser aller la main de Mon Fils.» 


Plusieurs des menaces de Marie se sont réalisées dès la première année qui suivit l’Apparition: la maladie du raisin, des pommes de terre, le choléra, etc. Toutes ces menaces étaient un avertissement: la Vierge Marie espérait notre conversion qui aurait apaisé la colère de Dieu. Hélas! L’humanité a fait la sourde oreille, et un torrent de péchés inonde la terre et y répand une multitude de malheurs. Nous voilà arrivés au jour des grandes vengeances. Avec Dieu, il n’est jamais trop tard. Si nous nous convertissons, nous obtiendrons miséricorde et pardon. Dieu nous l’a promis par la bouche de Sa Très Sainte Mère.


PRIÈRE

Ô Mère de la crainte divine! imprimez au plus profond de mon cœur une salutaire frayeur des jugements de Votre Fils. Faites-moi comprendre que la crainte est le commencement de la vraie sagesse. Que Vos maternelles menaces me soient salutaires. Quel affreux malheur, si je me condamnais à Vous avoir pour ennemie, Vous, mon unique refuge et le gage le plus précieux de mon salut.



Huitième Jour – Promesses de la Sainte Vierge Marie


«S’ils se convertissent, dit Marie aux petits bergers, la pierre, les rochers se changeront en blé; les pommes de terre se trouveront ensemencées d’elles-mêmes.» La bonté de Dieu et de Sa douce Mère descend jusqu’à nos faiblesses. Nous voyant si peu sensibles aux désirs des biens invisibles et éternels, Ils essaient de nous gagner au devoir par l’appât des récompenses matérielles. Ils veulent surtout que nous comprenions enfin que le seul remède à tous les maux qui submergent l’humanité est la conversion de nos cœurs.


Quand les âmes demanderont pardon à Dieu, s’appliqueront à L’aimer et à Le servir par l’observance de Ses commandements, Dieu interviendra aussitôt et sauvera l’humanité par un miracle aussi grand que Son Amour. Élevons vers Dieu seul notre espoir et nos désirs, et que notre puissante Mère, Réconciliatrice des pécheurs, nous obtienne la contrition sincère de nos péchés et la générosité de faire pénitence et de nous amender.


PRIÈRE

Ô Mère de la sainte espérance! Vous connaissez bien notre faiblesse, et Vous savez bien le chemin de notre cœur. Rendez-nous dignes des promesses que Vous nous faites. Donnez-nous assez de générosité pour venir en aide à nos frères en nous sacrifiant pour leur salut, mais par-dessus tout, élevez nos cœurs au désir des trésors du ciel.



Neuvième Jour – «Faites passer ceci à tout Mon peuple.»


Telle fut la recommandation que Marie répéta plusieurs fois aux petits bergers, après Son discours. Elle nous dit assez que Sa visite s’adressait à nous tous. Cette mission d’apôtre de La Salette appartient aussi à tous. Marie nous répète:  «Faites passer ceci à Mon peuple.»


Instruisons-nous donc tous solidement de ce grand événement. Rendons-nous capable de communiquer nos convictions à nos frères, de dissiper les nuages de leurs esprits, de combattre les objections intéressées des impies. Répandons de toutes nos forces la dévotion à La Salette, afin que les eaux réparatrices de cette source de miséricorde figurée par la source miraculeuse de la Montagne, se répandent en flots de conversions, sur toute l’humanité.


PRIÈRE

Notre-Dame de La Salette, qui nous avez visités, par l’étendue incommensurable de Votre miséricorde, ne permettez pas que les tentatives multipliées de Votre amour soient rendues vaines par l’esprit de ténèbres.

Multipliez Vos prodiges de miséricorde et par eux le nombre des croyants, et faites-nous entrer dans l’accomplissement de Vos désirs. Ainsi soit-il.